Peut-on préférer l’injustice au désordre ?

RDV samedi 19 janvier 2018 au café-restaurant « Chez Charly » à Chalo-Saint-Mars

La question peut être mise en lien direct avec l’actualité et le mouvement des « gilets jaunes ». Ce qui revient à demander de quel côté on penche : pour les gilets jaunes et leur mouvement de contestation, de remise en cause de la façon dont le pouvoir gère aujourd’hui la France, ou contre les gilets jaunes, pour un retour à la normale, même si effectivement certaines injustices sociales demeurent flagrantes.

La question est tirée d’une phrase de Goethe qui dit littéralement : « Je préfère commettre une injustice que de tolérer un désordre. » et qui renvoie à une intervention de l’écrivain pour empêcher qu’un homme, un français, soit lynché par la foule des habitants de Mayence lors du retrait des troupes françaises en 1793. Ce que veut éviter Goethe, c’est un déchainement incontrôlé de violence, même si, pour cela, il lui faut sacrifier la justice. Le paradoxe est ici intéressant : l’injustice permettrait de conserver un semblant d’humanité, de sauvegarder le caractère rationnellement contrôlé de nos sociétés.

Pour ceux qui penchent du côté de l’ordre, même s’il est injuste, ils pourront lire avec profit Le Prince de Machiavel, en préparation de notre rencontre du 19 janvier prochain.

Et n’hésitez pas à commenter, à donner des idées qui enrichiront cet article et permettront d’avoir « matière à moudre » le 19 janvier.

À bientôt,

Alexandre

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6 Replies to “Peut-on préférer l’injustice au désordre ?”

  1. Les gilets jaunes sont-ils en train de faire un « plouf » ? Puisque nous avons la chance de pouvoir étudier un cas pratique en temps réel. Sont-ils en train de se faire réabsorber par le pouvoir ? Car le désordre ne peut durer, par définition. Le temps joue contre lui, chaque jour qui passe l’affaiblit et cela le pouvoir des gens assis le sait bien. La question n’est donc pas vraiment de savoir si l’injustice est pénétrable au désordre, car, c’est un fait, l’ordre triomphe toujours, nous n’avons pas le choix. Le désordre ne peut être qu’épisodique. La question est plutôt de savoir si, dans une certaine mesure, un ordre juste est possible.

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  2. Bonsoir Alexandre,
    Je voudrais être sûr de bien comprendre : Goethe a commis une injustice non pas parce qu’il n’a pas respecté le droit, mais parce qu’il n’a pas donné satisfaction aux habitants de Mayence qui trouvaient juste (au sens de équitable, légitime) de lyncher le français compte tenu de ce que les français leur avait fait subir…
    Merci pour vos éclaircissements.
    Hugues

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  3. Goethe n’a pas commis d’injustice en soi, car l’homme qu’il a protégé contre la foule n’avait pas été jugé coupable par un tribunal compétent. Le mot d’ordre était de laisser les soldats quitter la ville. Que des exactions aient été commises contre la population autochtone, ce que nous dit Goethe, ce n’est pas à la population d’en juger librement, elle doit se soumettre à l’état de droit. Et Goethe préfère prendre le risque de laisser partir un coupable, plutôt que de laisser la foule rendre sa propre justice, c’est-à-dire une justice gouvernée par le désordre des passions.

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  4. Bref, lyncher le français n’aurait pas été rendre justice mais satisfaire les pulsions désordonnées d’une foule haineuse. Et ça, Goethe n’en veut pas. Pour résumer, il prend le risque de l’injustice pour sauver l’état de droit et la justice institutionnelle par la même occasion.

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